Accueil › La réaction d’Hitler

Quelle a été la réaction d’Hitler au Débarquement ?

Il dormait, et ensuite il n’y a pas cru. Hitler se trouvait au Berghof, près de Berchtesgaden, quand le débarquement a commencé, et son entourage n’a pas voulu le déranger ; il ne s’est réveillé que vers midi, le 6 juin 1944. Quand on le lui a annoncé, il a d’abord écarté la Normandie comme une feinte plutôt que comme l’invasion principale. Il était 16 heures quand il a libéré deux divisions du groupe blindé Ouest — la 12e SS et la Panzer-Lehr — en direction de la tête de pont.

Pourquoi ce retard a compté

L’opération alliée de déception avait fait son œuvre. Pendant des mois, la planification allemande s’était construite autour d’un débarquement attendu dans le Pas-de-Calais, et la Normandie est apparue à Hitler comme une diversion destinée à détourner les réserves du vrai coup. Les réserves blindées qu’il contrôlait personnellement sont donc restées immobiles toute la matinée du seul jour où elles auraient pu peser le plus. Quand elles se sont ébranlées, les Alliés avaient environ 160 000 hommes à terre ou en l’air derrière les plages, selon le décompte retenu, et consolidaient leurs positions.

La version que vous avez vue au cinéma

Le récit dramatique — personne n’osait réveiller le Führer, et la guerre s’est jouée sur une grasse matinée — vient pour l’essentiel du Jour le plus long, et les historiens l’ont nuancé. Les faits ci-dessus sont bien étayés : endormi au Berghof, un entourage peu disposé à le déranger, un réveil vers midi, l’invasion prise pour une feinte, les panzers libérés à quatre heures de l’après-midi. Ce qui est contesté, c’est l’enchaînement causal trop net qu’on en tire : qui exactement a refusé de le réveiller, et si ces réserves auraient pu partir sensiblement plus tôt avec un commandement en alerte. Voyez ce sommeil comme une cause réelle parmi d’autres, pas comme la charnière de la guerre.

Rommel commandait le groupe d’armées B et avait été envoyé en France en octobre 1943 pour renforcer les défenses côtières — les obstacles de plage, les pieux minés et les batteries que l’on voit encore à Longues-sur-Mer. Plusieurs autres détails du récit populaire de cette matinée sont répétés avec bien plus d’assurance que les sources ne le permettent, je les ai donc laissés de côté.

Ce qui s’est passé sur le terrain pendant ce temps

Les Alliés ont débarqué sur cinq plages à partir de 06h30, les largages aéroportés ayant commencé juste après minuit. Les estimations de pertes pour la journée vont d’environ 10 250 à plus de 10 300 tués, blessés et disparus côté allié, les pertes allemandes étant évaluées jusqu’à 9 000. La campagne qui a suivi s’est déroulée du 6 juin à la fin août 1944 et a coûté de l’ordre de 550 000 pertes tous camps confondus — dont 12 200 civils français tués ou disparus, un chiffre que la plupart des récits du Débarquement passent sous silence. Ce que chaque plage a connu se trouve sur quelle plage visiter.

Questions fréquentes

Quelle a été la réaction d’Hitler au débarquement de Normandie ?

Il dormait au Berghof quand il a commencé et son entourage n’a pas voulu le réveiller ; il ne s’est levé que vers midi le 6 juin 1944, avant d’écarter la Normandie comme une feinte. Il a libéré deux divisions de panzers — la 12e SS et la Panzer-Lehr — à 16 heures.

Hitler a-t-il vraiment dormi pendant le Débarquement ?

Il a dormi pendant toute la matinée. La version plus nette, selon laquelle personne n’osa le réveiller et l’invasion réussit grâce à cela, est une simplification popularisée par le film Le Jour le plus long ; les historiens en contestent le détail tout en acceptant les grandes lignes.

Pourquoi les divisions de panzers allemandes sont-elles arrivées en retard ?

Les réserves qu’Hitler contrôlait personnellement ont été retenues tant qu’il tenait la Normandie pour une diversion par rapport à un débarquement attendu dans le Pas-de-Calais. Elles ont été libérées en fin d’après-midi le 6 juin, alors que la tête de pont se consolidait déjà. Voyez le guide complet du Débarquement.